Pétale de nostalgie

Il y a, dans cette sculpture, une femme qui tient un été.

Ses cheveux sont devenus blancs, ses gestes simples, presque silencieux.
Au-dessus d’elle, une ombrelle de papier — fragile, tenue par un fil — porte l’image d’une autre : elle-même, plus jeune, sur une plage, baignée de lumière, heureuse.

Son visage a disparu, symbole du regard que l’on porte à une femme passé un certain âge ?

À l’intérieur de son ombrelle, un extrait d’un poème de Paul Verlaine dans Sagesse :

 » Qu’as-tu fait,

Ô toi que voilà,

Pleurant sans cesse,

Dis, qu’as-tu fait,

Toi que voilà,

De ta jeunesse ? « 

La jeune fille est un souvenir lointain mais elle est encore là, suspendue, protégée, comme si le temps n’avait fait que changer de place.

L’ombrelle devient un refuge.
Non pas pour se cacher du soleil, mais pour abriter ce qui a été — un éclat d’été, une insouciance, un bonheur perdu.

Elle est devenue sans visage,

Ce travail parle de la mémoire qui ne disparaît pas, mais qui se transforme.
De ce que nous continuons à porter, parfois sans le savoir.
De cette part de nous qui reste en lumière, même lorsque le corps avance.

Entre le fil de fer et le papier, entre le présent et l’image, il y a une tension douce :
celle du temps qui passe, et de ce qui, malgré tout, demeure.

Peut-être que vieillir, c’est apprendre à tenir cela :
une saison ancienne, encore ouverte, au-dessus de soi.

Sur un socle en bois de chêne de 77 x 63 mm, sa hauteur totale est de 230 mm.

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